Jeudi 26 mars 2009
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12:16
Il y a plusieurs années déjà, j'ai été confrontée à mes sentiments, des sentiments faux et exagérés...pas
confrontée, plutôt frappée violemment... j'étais jeune et "amoureuse"..."in love with the wrong guy"... cet amour passionné m'a conduit à bien des aventures, et à beaucoup de remise en
question.
Ne vous posez vous jamais cette question, de la vérité de vos sentiments et de vos pensées...quelle valeur
ont des sentiments nés d'un esprit si imparfait ? N'avez vous jamais eu l'impression d'être complètement à côté de la plaque, puis de réaliser, d'enfin voir que vous viviez dans une
sorte de belle image qui embrumait votre cerveau, et que la réalité semble être bien différente. Êtes-vous sûrs de toujours faire la part entre le réel et le fantasmé ? Ne
pensez-vous pas vous laisser parfois aveugler par des pensées faciles et lâches, ou par votre orgueil, juste pour avoir raison, juste pour ne pas affronter des idées noires ou des problèmes trop
profonds ??
Cette question je me la pose en permanence.
D'abord parce que je suis scientifique et cartésienne, et surtout médecin, et qu'il est bon de toujours se
remettre en question lorsque l'on travaille sur quelquechose d'aussi imprévisible et variable que le vivant.
Je me la pose aussi parce que je suis enfin adulte, responsable de moi-même et consciente de moi. C'est important
pour moi, ça. Prendre conscience de soi, même de ce qui est caché tout au fond depuis l'enfance, de ces petites souffrances qui sont en fait des trous béants et sanglants de douleur au fond de
mon esprit.
J'ai grandis et j'ai eu mal. trop dur de découvrir tout ça. La première fois que j'ai ouvert les yeux sur
moi, j'ai voulu les fermer pour une dernière fois.
Pourtant.... Aucune souffrance morale que l'esprit ne puisse surmonter.
Peut-être que je n'ai pas eu de chance. Peut-être que les rencontres sont faites pour ça, être de bonnes ou
mauvaises rencontres. Et peut-être qu'il n'y a pas de mauvaises rencontres. Peut-être que les regrets n'existent pas. je n'en ai pas. je n'en aurai plus.
Les amours malheureux servent sûrement à ça. A nous rendre plus conscients, à enfin savoir apprécier les choses et
les sentiments à leur juste valeur, ni les sublimer ni les oublier, juste savourer, être clair, en harmonie avec soi-même et sa vie, pouvoir ressentir la vie, avoir des frissons pour une
connerie, pouvoir se le permettre sans se demander si l'on se ment à soi-même, si l'on rêve et entraîne les autres dans sa fantasmagorie ; trouver sa vérité ; toujours se
questionner pour ne pas se noyer dans la douce illusion ; célébrer l'esprit et éteindre l'hypnose ; être soi pour soi-même, pour se donner aux autres, vraie, sans mensonge, sans rôle à
jouer, sincère et bien ; être bien ; être heureux ; être heureux d'être soi ; en prendre conscience et prendre conscience de chaque chose ; creuser son inconscient pour
qu'il ne prenne pas le dessus ; tout voir en soi ; être bien ; être bien avec lui ; inventer des mots pour le lui dire ; être bien.
Je plonge dans l'illusion. Je plonge dans la réalité. Je suis amoureuse.
Que la contradiction reste et continue à me titiller, pour me rappeler de toujours réaliser ... ma
chance.